Tribune : Les réfugié.e.s et les migrant.e.s sont en danger !

Les réfugié.e.s et les migrant.e.s ne sont pas un danger, ce sont eux et elles qui sont en danger

En danger, car victimes d’une politique xénophobe qui alimente une propagande mensongère et raciste !

En novembre 2015, au sommet Union européenne-Afrique, la France s’était engagée à accueillir 24 000 migrant-e-s. En 2017 seuls 1330 exilé-e-s en danger ont été “accueilli-e-s”. Après l’accord U.E.-.Turquie1) en 2016, Macron et l’UE mettent en place d’autres “partenariats” avec les dictateurs du Niger, du Togo, avec la Libye, pays dans lequel les exilé-e-s sont enfermé-e-s, torturé-e-s, vendu-e-s aux “marchés aux esclaves”. Sans compter la collaboration avec le dictateur soudanais recherché par la Cour pénale internationale. Pour répondre d’accusations de génocide et de crimes de guerre au Darfour.

Les migrantes spécifiquement ciblées par des violences

Les migrantes subissent du fait de leur genre des violences ciblées durant leur parcours. De nombreux récits relatent des violences allant du harcèlement sexuel au viol et/ou au mariage forcé. Qui sont le fait de passeurs, de représentants de forces de l’ordre, d’autres migrants. Mais les violences ne s’arrêtent pas au voyage, et dans le pays dit d’accueil. Les violences continuent et la prise en charge physique (soins, grossesses dues aux viols…) et psychologique (prise en charge par des professionnels) est pratiquement inexistante.

“Eux et elles, c’est nous” : militant-e-s solidaires = nouveaux “délinquants” ?

Des élans de solidarité populaire se manifestent tous les jours .: de la vallée de la Roya à Lille, à Paris, comme à Lyon. Mais les poursuites pour délit de solidarité se succèdent : contre des retraité-e-s, contre Cédric Herrou, P. A Mannoni et bien d’autres… Leur “délit” ? Accueillir, apporter un soutien matériel, juridique aux exilé-e-s… Comment ne pas faire le rapprochement avec les condamnations de militant-e-s, de syndicalistes qui entendent défendre tous les acquis sociaux aujourd’hui menacés ?

L’avant projet de loi Macron : enfermer, expulser toujours plus

Macron ne veut “plus personne à la rue d’ici décembre”. En Ile de France, on va ouvrir de nouveaux “lieux de pré orientation”. D’autres seraient ouverts dans notre région. Ces lieux sont de nouveaux “centres de tri” dans lesquels seront séparés les “bons” des “indésirables “Il ya une volonté d’accélérer la procédure d’asile pour mieux accélérer les renvois” (F. Sivignon, Médecin du Monde). Et pour y parvenir, on cherche à rendre impossible tout soutien en isolant, en enfermant sous couvert de “mise à l’abri”, afin de mieux expulser à l’insu de tous.

Pour la protection, la scolarisation de tous jeunes étranger.e.s isolé.e.s

À Lyon, des dizaines de jeunes étrangers isolés dorment dehors, privés d’école, condamnés à l’errance. La métropole, la police, le parquet et les tribunaux font le “tri” sur la base d’un “faisceau d’indices”, d’une “expertise” osseuse, etc. À 18 ans,la préfecture répond de plus en plus à leur demande de titre de séjour par uneOQTF.2) Pour Macron, “la gestion des mineurs non accompagnés représente une charge croissante”. La “réflexion” ministères/collectivités, la “remise à plat” de la Métropole ne vont-elles pas conduire à renforcer le “tri” et à une “protection” au rabais ?

Exilé-e-s jetés à la rue en danger : mobilisation pour l’hébergement des familles

Partout, des personnels de collèges, d’écoles, parents et habitant-e-s luttent pour que l’État loge les dizaines de famillesà la rue, tel le collectif (Agirmigrants) de soutien aux demandeurs d’asile de l’Esplanade Nelson Mandela expulsés de 5places en 7 mois. Mais la solidarité ne dispense pas l’État de ses obligations : héberger les demandeurs d’asile ainsi que “toute personne en situation de détresse”. Les immeubles vides de la Métropole doivent servir à des logements sociaux au lieu d’être vendus pour les transformer en hôtel de luxe (cf. le fort Saint-Laurent).

En défense des libertés des acquis sociaux, contre les lois xénophobes

Le projet de loi Macron veut “refonder ” la politique d’immigration, priver de liberté les demandeurs d’asile relevant de la procédure de Dublin3), doubler la période de rétention administrative4)… Il veut attirer “les talents et compétences”, selon les demandes patronales, expulser tous ceux et toutes celles classé-e-s “indésirables”, dont les débouté-e-s de l’asile… Ce projet n’est pas négociable : unité pour son retrait ! Abrogation des mesures limitant la liberté de circulation ! Arrêt des poursuites !

Pour la sécurité de tous et toutes : arrêt du pillage des richesses

En Afrique et au Moyen-Orient, la guerre et la misère sont largement provoquées par les politiques des gouvernements occidentaux .: pillage des richesses, soutien aux dictatures… En Syrie, la population fuit la barbarie de Daesh, mais l’exode est dû avant tout à la terreur du régime d’Assad et de ses alliés. Qui, depuis plus de 6 ans, massacrent le peuple en toute impunité.

  • CONTRE les politiques migratoires meurtrières, pour le démantèlement de l’Agence européenne des garde-frontières et des garde-côtes (ex Frontex).
  • POUR un budget consacré à l’accueil et non à la chasse aux migrant-e-s.
  • POUR respecter la libre circulation : des papiers pour toutes et tous.
  • POUR respecter le droit d’asile et abroger l’accord de Dublin (obligeant les migrant-e-s à demander l’asile dans leur 1er pays d’enregistrement).
  • POUR la prise en charge par l’aide sociale à l’enfance, en foyers éducatifs, de tous les jeunes-e-s étrangers isolés et la scolarisation de toutes et tous.
  • POUR le droit au travail permettant à toutes et tous de vivre en autonomie.

2)OQTF : obligation de quitter le territoire

3)Procédure de Dublin : un exilé ne peut faire une demande d’asile que dans le pays le premier État où il a laissé ses empreintes (ce que le fichier EURODAC permet de vérifier).

4) Rétention administrative : la préfecture peut décider d’enfermer un étranger en danger qui fait l’objet d’une décision d’éloignement, dans l’attente de son expulsion. La rétention peut être prolongée par le juge.

Refugiees en danger

Collectif de soutien aux réfugié-e-s et migrant-e-s Lyon-69 :

ATTAC-Rhône, CGT Vinatier, Collectif des EtudiantEs EtrangerEs, Collectif 69 Palestine, Comité d’Information pour une Syrie Libre et Démocratique, Émancipation-69. FSU 69, LDH Rhône, MRAP LYON 1-4, MRAP LYON 3-7-8, RESF-69, Solidaires 69, Solidaires EtudiantEs, UJFP Lyon, Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes-Lyon, EELV 69, ENSEMBLE!, L’insurgé, Lutte Ouvrière, Nouveau Parti Anticapitaliste, OCML-VP, Parti de Gauche69, PCF, UPC Contact : collectifrefugie69@laposte.net